Bolivie

L'altiplano et le salar d'Uyuni

Entrée en Bolivie en 4x4, avec Edgar notre chauffeur, à travers l'Altiplano parsemé de lagunes aux mille couleurs et remplies de flamants roses... Accompagnés de 2 frousiens (parigots par dessus le marché!), on visite des geysers voisins des Tatio (mais qui puent bien cette fois), des paysages sortant des toiles de Dali, le fameux arbre de pierre et des coulées de laves aux formes biscornues, ...

Le trajet n'est vraiment pas de tout repos: crevaison (réparée avant même de pouvoir dire ouf!), orage aux éclairs tombant jusqu'au sol boueux (Edgar faisait déjà le signe de croix pour demander l'aide divine...), mais heureusement notre chauffeur n'est pas un "mareconcito (petit PD)", bien qu'il se soit quand même planté une fois! Et pour conjurer le sort, Edgar a pissé à l'endroit de sa mésaventure!!!

Le plus beau reste pour la fin avec le fameux salar d'Uyuni! Impossible de décoller les yeux de la vitre tellement le spectacle est merveilleux... On roule au milieu de cette étendue de sel sans fin, remplie de craquelures. Plus loin, le ciel se reflète complètement sur une fine couche d'eau, on croirait voler!!! Perdues au plein milieu, quelques îles recouvertes de cactus permettent de se repérer un peu. Enfin, quelle n'est pas notre surprise en découvrant un hôtel complètement construit à base de sel, que malheureusement les autorités détruisent pour cause de pollution. On termine par un passage rapide à une raffinerie de sel au bord de cette immense ressource naturelle.

Fin de la virée à Uyuni, ville glauque au bord du salar où même les trains en fin de vie viennent mourrir... Les bus n'y sont d'ailleurs pas en meilleur état et l'on a bien cru ne jamais rejoindre notre prochaine destination. Malheureusement pour nous, cette impression se généralisera dans tout le pays, mais finalement on s'y fait...


Potosi - Sucre

Superbe ville coloniale dont l'unique ressource est la fameuse mine d'argent à la base du proverbe populaire: "c'est pas le Pérou!". En effet, la Bolivie était le Haut-Pérou avant son indépendance. Auparavent siège de la fabrication des monnaies du monde au palacio de la moneda, la ville est aujourd'hui sur son déclin. Les mineurs continuent tristement à grignoter le Cerro Rico, faute de ne rien pouvoir faire d'autre et malheureusement dans des conditions proches de celles de Germinal!!! Même les enfants y travaillent dès l'age de 10ans! L'école se fait alors le soir, une fois qu'ils sont bien crevés, de quoi leur ouvrir pleins de portes pour le futur!!! La visite des mines et la rencontre des mineurs fut une leçon de vie inoubliable! Nathalie a même promis qu'elle ne se plaindrait plus après ça, dur, dur!!!

Autre ville coloniale, Sucre est encore plus belle dans son blanc immaculé. Mais c'est à 60km de là qu'on rencontre vraiement la culture traditionnelle au marché de Tarabuco où les gens en costumes typiques vendent les produits artisanaux... Dommage, on a juste manqué le carnaval d'une semaine.


Lac Titicaca - Isla del Sol

Avion, bus et même ferry où tout le monde descend du bus de peur de faire chavirer la frêle embarquation qui permettra de traverser le petit détroit pour nous rendre à Copacabana (l'originale, mais il y manque le sable fin!). Direction le plus bel hôtel du coin (Fabienne a vraiment pitié de sa filleule, mais quel bien ça fait un peu de luxe une fois!!!) et dégustation des bonnes truites du lac au frais de la princesse... Dommage, ils n'ont pas encore de filets de perches!!!

Avant de prendre le bateau pour l'île du soleil, visite de l' horca del Inca (traduction: potence de l'inca) qui se revèle être un fabuleux calendrier solaire ou site astronomique. La traversée est plutôt longue à cause des moteurs un peu poussif de leur bateau, puis à bord d'une petite barque, on prolonge vers le nord afin de découvrir les plus fameuses ruines de l'île, mais surtout pour une petite randonée au sommet de l'île en admirant le lac, la cordillere royale et les cultures en terrasse juste avant le couché du soleil, ouf! Mais sans Nath, cette fois, qui a préfère se limiter au 50 marches de l'escalier de l'Inca pour accéder au village du sud (la feignante!).

Le lendemain, hamburger à la truite (eh oui il fallait oser!!!) avant de rentrer sur La Paz car Nath nous quitte déjà. Purée ca passe vite 3 semaines...


Corroico - Rurrenabaque

Pour rejoindre Coroico, on s'offre une superbe desente à VTT sur la fameuse route de la mort (eh oui Nath, on l'a faite!). Départ à 4700m depuis un col au dessus de La Paz pour 3400m de dénivelé presque sans pédaler, le rêve, de quoi rendre le frangin jaloux!!! Cette route d'à peine 3m de large, parsemée de cascades et d'une végétation abondante est nommée ainsi car chaque année, une moyenne de 20 camions ou bus tombent dans le précipice qui peut atteindre jusqu'à 1000m par endroit!

Le jour suivant, attente interminable du bus qui nous amènera dans la jungle et la pampa près de Rurrenabaque... A peine 3h de retard, on a bien cru qu'il était tombé dans le précipice! Mais heureusement, cette fois on était pas les seuls touristes! Puis au milieu de la nuit, tout le monde dehors, inspection drogue car on est en plein milieu des les plantations de coca. Ils ont même cru que Virginie essayait de passer avec un faux passeport (pas beaucoup de ressemblance avec la photo d'il y a 10 ans!). Et comme 2 fois valent mieux qu'une, on remet ça quelques heures plus tard!!! Et nous qui pensions dormir dans le bus?!? Finalement, on arrive, mais promis, on prend l'avion pour rentrer sur La Paz.

La jungle, ce monde de végétation si dense que la lumière pénètre à peine, mais où fourmille une quantité insoupsonnable d'insectes et d'animaux dont on ne perçoit que les cris, assez flippant. Pour notre première nuit, sortie à la lueur des lampes de poche pour essayer de les débusquer en compagnie de notre guide Melvin. Malheureusement, pas beaucoup de succès (un petit singe, le chant des grenouilles, ...), mais au retour, oh, oh, oh, on tombe nez à nez avec un Pucarara de 2m, le serpent à sonnette le plus dangereux de la jungle! Coool, et en plus il ne s'écarte pas... Il nous fixe avec ses yeux perçant et nous hume avec sa langue qui ssssort, mama mia!! Melvin d'un sang-froid exemplaire sort son paquet de cigarette et s'en allume une. MAIS VOYONS, C'EST PAS LE MOMENT?!? En fait, il essaie d'intoxiquer le serpent avec la fumée... 1, 3, 5 minutes passent et on éteint les lumières (il veut nous faire mourrir???), mais finalement CA MARCHE!! C'est la première fois qu'on est content de voir quelqu'un fumer!!!

Mais la jungle, ce n'est pas que les animaux et de jour cette fois, on part à la découverte des plantes toxiques, médicinales et même des lianes avec lesquelles on étanchera notre soif! Sans oublier de jouer à Tarzan suspendu à l'extrêmité d'une autre liane! Puis le monde des tous petits: thermites, mille- pattes, fourmis en file indienne portant des feuilles, f ourmis rouges (vous les connaissez, mais ici elles sont pires!) et la fourmi géante (3cm) dite 24h car sa piqure provoque une fièvre intense une journée durant!!! Sans parler des abeilles furieuses d'avoir été chassées de leur bambou par un coup de machette qui nous ont fait courir un 110m haies. Bilan: 6 piqûres pour Melvin et Cédric, 1 pour Virginie. Cela a du bon de rester en arrière, mais Cédric se voyait déjà mourir (allergique)!!! Dans la jungle, il ne faut pas espérer faire la grâce matinée, car si votre réveil ne fonctionne pas, les animaux s'en chargeront! Dès le lever du soleil, on entend un "hou hou", sûrement un hibou, puis commence un bruit assourdissant, grognement féroce. Finalement, on apprendra que se sont des singes hurleurs et que le premier cris, à notre grande surprise, vient du puma...

La Pampa, plaine innondée par les débordement du fleuve suite à la saison des pluies, mais aussi un lieu magique pour observer pleins d'animaux perchés sur la cîme des arbres qui dépasse à peine de l'eau. Aigles noirs et rouges, oiseaux de paradis, vautours, condors de la pampa et bien d'autres, mais aussi les singes de la jungle (hurleurs, capucino) que nous avons à peine aperçu et les jaunes qui viennent même nous manger dans la main! Et dans les eaux, serpents, aligators et même des dauphins roses d'eau douce, génial!!! Et Frederico, le guardien fétiche du campement qui n'est autre qu'un aligator spaghettophile, mais qui n'a pas rechigné lorsqu'il s'est mis le chaton du propriétaire sous la dent!


La Paz - Tihuanaco

De l'avion, c'est impressionnant de voir les sommets enneigés de la cordillère royale mais encore plus, La Paz qui de l'alto (quartier pauvre à 4000m) coule dans une cuvette surpeuplée comme les chutes du Niagara... La plus haute capitale mondiale est une ville grouillante, très traditionnelle, mais c'est aussi le lieu où Cédric pourra réaliser un de ses rêves: grimper à plus de 6000m!

Pour atteindre le camp d'altitude à 4800m, tout se passe bien, même pas le mal d'altitude. Par contre, la nuit est horrible (altitude, rocaille, excitation?!?), enfin si on peut appeler ça une nuit, car à minuit, c'est déjà le départ!!! En compagnie d'Edwin, mon guide, on avance à petits pas en direction du sommet à la lueur de la lampe de poche (merci Carine et Didier). Mais même à ce rythme, mon coeur bat la chamade... Feuilles de Coca, snickers, sucre de canne brésilien, tout est bon pour me donner de l'énergie... Puis enfin, après bien des efforts, on arrive vers 6-7h au sommet du Huayana Potosi à 6088m! J'en crois pas mes yeux, je l'ai fait!!! Le temps est est mitigé, mais c'est magnifique de voir les sommets allentours dépasser de la mer de nuage. Quelques photos et c'est déjà l'heure de redescendre pour rejoindre Virginie au camp de base à 4200m... Je suis naze mais heureux et je ne pense qu'à une chose, DORMIR, DORMIR!

Comme on a pas mal de temps à la Paz à cause d'une grêve des transports au Pérou, on profite d'aprofondir notre découverte de la ville et de ses allentours: musée de l'or, les marchés où l'on ne peut s'empêcher de racheter encore des souvenirs (c'est tellement pas cher!) et la vallée de la lune aux tours errodées comme les pyramides d'Euseigne en Valais. Par contre, elle n'a vraiment rien à voir avec la vallée de la lune de San Pedro de Atacama! Et pour terminer, la cité de la civilisation pré-Inca de Tihuanaco, que les Incas n'ont fait que copier. Ils ont perduré pendant près de mille ans, alors que la civilisation Inca s'est ecroulée après 300ans d'existence seulement. Les Tihuanaco avaient déjà tout le savoir technique et astronomique, dont la fameuse porte du soleil qui indique les différents solstices.



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Mise à jour le Dimanche, 27 novembre 2005